Les mystères inexplorés de la biologie reproductive

A la découverte de la vie cachée du martinet

Les acrobates volants les plus élégants parmi les oiseaux de nos contrées sont sans aucun doute les martinets (apus apus), des chasseurs d’insectes parfaitement bien adaptés à la vie au grand air. Toutefois, de nombreux aspects de la reproduction et du comportement de ces oiseaux peu habituels dont l’espèce est protégée, n’ont pas encore été explorés. En outre, plusieurs auteurs rendent compte d’une diminution dramatique des nichées de près de 50%. Afin de prévenir une réduction du nombre de ces oiseaux, il est donc indispensable d’avoir une connaissance détaillée de leur reproduction. Toutefois, les martinets passent la plus grande partie de leur vie dans le ciel puisque tous les ans, ils doivent parcourir environ 10 000 kilomètres pour rejoindre l’Afrique où ils hivernent. Grâce à leurs longues ailes en forme de croissant, ils atteignent une vitesse de pointe de 180 km/h. Les martinets étant des oiseaux se reproduisant en environnement urbain, il n’est pas rare d’en rencontrer dans la ville de Goettingen en Allemagne durant les mois d’été, seule et brève période au cours de laquelle il est possible d’étudier leur biologie reproductive de manière scientifique.

Grâce à l’aide financière de différents sponsors, une étude pilote menée par l’Université Humboldt de Berlin permit de combler quelques lacunes concernant nos connaissances de la reproduction du martinet. Cependant, de nombreuses questions restent encore sans réponse.

Cette étude pilote fut réalisée par le Musée d’histoire naturelle, un institut central de l’Université Humboldt. Pendant la période d’incubation et de becquée des petits en 2003, on essaya pour la première fois d’enregistrer en continu l’activité quotidienne et alimentaire d’un couple de martinets à l’aide d’appareils de mesure électroniques. A cet effet, une balance de précision électronique de Sartorius AG, le modèle LP2200 avec une précision de lecture de 10 mg, fut installée dans un nichoir afin de constamment enregistrer la masse corporelle des oiseaux adultes ainsi que la quantité de nourriture ingérée. Parallèlement, l’entrée du nichoir était contrôlée par une antenne transpondeur qui identifiait chaque oiseau adulte. Toutes les deux secondes, un programme de mesure spécial enregistrait de manière synchrone toutes les données obtenues par la balance et par le transpondeur. La température du nichoir était mesurée quotidiennement avec un thermomètre électronique. De plus, on utilisa une caméra à infrarouge afin de surveiller l’activité à l’intérieur du nid, de la transmettre directement sur Internet et de l’enregistrer. Une sélection des photos prises en 2003 se trouve sur le site http://museumwww01:55081/user/homepage/test/ppt_home.asp?name=ruediger.becker.

Ce système de mesure spécial permit d’étudier le comportement reproducteur, la fréquence des becquées et la quantité de nourriture ingérée par chaque animal adulte. Parallèlement à la surveillance automatique du nichoir, on étudia le développement des petits, par cycles de 24 heures, en les pesant et en les photographiant.

Grâce à la grande quantité de matériel détaillé et aux intéressantes photographies sur le comportement des oiseaux, ce projet pilote du Musée d’histoire naturelle et de l’Université de Berlin est un grand succès.

Il a également été favorablement accueilli par les associations environnementales, comme par exemple le NABU (Association allemande de sauvegarde de la nature), et par l’opinion publique.

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